Pink Pantalons' : Studio Bling Bling
     
Pink Pantalons' : Studio Bling Bling
« (…) Ils, elles se rassemblent pour jouer l’espace d’un instant dans l’interstice différentiel du paysage sexuel ordinaire. Pour un instant et un seul. Quête éphémère vouée à l’échec tout comme le genre faillit à lui-même dans une performance continue, jamais victorieuse. Folie d’interpréter la vie qui nous entoure et pourtant, si rien ne s’imprime jamais à travers ce qui est vu pour l’autre, nul n’advient, nul n’existe. (…)

Ni le sexe, ni le genre, et encore moins leurs transformations n’aboutissent complètement. Un pli ajusté, une mascarade améliorée tout au plus. Ces histoires-là n’appartiennent à personne, ne relèvent d’aucun groupe, aucune idéologie. Ils, elles sont libres et parfois libertaires dans l’âme. (…)

Hommes coiffés, femmes maquillées, transboys peinturlurés, garçons avec des robes, des masques, du nylon, du lait, du rouge, du noir, de la fumée, des filles en pantalon, Pink Pantalon. Transpédégouines énamourés, fixés, photographiés. (…)

Mais de quel sexe avons-nous besoin ? Et bien pour aujourd’hui de celui-ci, et demain je ne sais pas. (…)
Quand vous me dites :
« Vous êtes un homme ».
Je vous réponds :
« C’est vous qui le dites,
Regardez plutôt, voici ma photo ». »
Extraits de « Défaire son genre, pour quoi faire ? »
Vincent BOURSEUL, psychologue clinicien à Paris.



Pink Pantalons’ est l’histoire de la rencontre avec Pederama, un associatif parisien informel et libertaire de gays, lesbiens, trans et bisexuels.
C’est l’histoire de ces soirées au cours desquelles ils et elles se rassemblent librement. Le temps de leur rassemblement -loin des codes sociaux et communautaires- ils constituentun territoire éphémère où le corps et l’esprits se libèrent, se débrident.

Pink Pantalons’ est un travaille photographique hybride, mêlant reportage et studio.

La partie reportage, "Paris’ Renaissance", est inspirée du mouvement des années 20 et 30: le "Harlem Renaissance". C'est l'époque du "New Negro", époque au cours de la laquelle Harlem devient un territoire ou les noirs peuvent vivre et créer. Il y a eu en marge de ce mouvement une vie urbaine, gay, clandestine et underground : il était déjà question de liberté et de genre.
Tout comme dans les soirées des Pink Pantalons’ (la Goutte Dior, la Plug…), on faisait du body performance. On mettait en scène le genre, le corps, les sexualités : transgresser pour se libérer.

Débarrassé des contraintes de forme du reportage photographique, "Studio Bling Bling", est réalisé en studio. C’était l’occasion de produire une série de portrait sur l’identité et le genre.
C’est aussi l’hommage que j’ai voulu leur rendre, les remercier de m’avoir fait un peu de place à leur côté, de m’avoir laissé comprendre.


Parce que la photographie n’est qu’histoire de rencontre et de distance à l’autre.
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